Dimanche, midi moins vingt, je marche le plus vite possible dans la Douëra en regardant mes pieds, et ça fait bientôt dix heures que je rumine ces quelques putains de gorgées d'alcool. Pendant que le temps fusait à toute vitesse pour des millions d'autres, ma nuit fut longue. Longue, seule dans la banquette, à écouter mon Juke-Box crânien incéssant diffuser du Bernard Lavillier. Des images troublaient ma solitude, mon cerveau comblait le vide inquiètant de la pièce par des fantasmes en tout genres.
Mais qu'importe; je marche droit chez moi, et je pense aux mensonges que je vais ressortir par dizaines devant ma mère. Ces mensonges qui me pourissent les entrailles, la gorge, la langue, la bouche; c'est indescriptible, puisque cette sensation est latente, c'est comme si lentement je dressais un mur autour de moi. J'essaye de me souvenir de la soirée, j'y arrive presque même... Mais je renonce vite. Je mentirai pas vraiment, je ne vais juste pas faire l'effort de sonder ma mémoire. J'ai pas envie de me rapeller ce que j'ai pu dire ou faire, j'ai pas envie de m'adonner à mon 'jeu' favoris. Pas envie d'analyser le passé, de retourner et retourner les faits pour y trouver un sens, puis finalement se laisser submerger par un sentiment d'impuissance, de regret, d'humiliation.
Je patauge dans un mélange infect d'émotions contradictoires. J'aimerais bien pour une fois être fière de moi. Me dire que j'ai assuré sur ce coup là. Mais ma propre médiocrité m'interdit ces petites étincelles de bonheur. Elles sont éteintes d'avance dans mes larmes de rage et de découragement. Noyées dans la mélancolie avant même leur naissance. Je sais toujours quoi dire quoi faire, mais après coup. 500 mètres plus loin. J'appuie mon doigt sur la sonnette. Qu'est ce que j'ai fait hier soir ?
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Gepost op zondag 18 januari 2009, 07u24
Gewijzigd op vrijdag 23 januari 2009, 13u57